Visite guidée du Stadium de Toulouse

Publié le Mardi 17 décembre 2019 à 17:19

Longtemps décrié, le gazon des « Pitchounes » fait régulièrement partie du Top 10 des pelouses de Ligue 1. Son intendant, Stéphane Cazabat, fait part de ses méthodes de travail.

Il semble loin, le temps où le gazon du Stadium de Toulouse faisait les choux gras de la presse régionale ! Cette saison, le gazon du Téfécé pointe invariablement parmi les huit premières positions du Championnat des pelouses de L1. A l’ l’occasion d’une journée technique organisée par ICL au Stadium (nous y reviendrons dans de prochains articles), Gazon Sport Pro a eu le loisir de visiter l’installation en compagnie de son intendant Stéphane Cazabat, en poste depuis 15 ans. En préambule, le groundsman a retracé l’historique du gazon, qui avait accueilli plusieurs rencontres de la Coupe du Monde 98. A l’époque, le gazon n’avait pas bénéficié d’une rénovation, ce qui permet à Stéphane Cazabat de souligner que jusqu’en 2014, le gazon n’a fait l’objet d’aucune rénovation depuis…1938, date de la livraison du Stadium. En revanche, des investissements ont été consentis pour l’Euro 2016. Un gazon sur couche drainante continue et substrat renforcé a été mise en œuvre, non sans mal car le Stadium est implanté sur l’île du Ramier, sur le cours de la Garonne : « Il nous a fallu décaisser puis bétonner le fond de forme afin d’éviter les infiltrations d’eau. »

Toulouse Métropole a opté pour le substrat Airfibr afin d’accueillir un nombre accru de rencontres (dont celles du Rodez Aveyron Football, pour 6 rencontres en début de saison), mais aussi pouvoir effectuer des scalpages/regarnissages d’intersaison, en vue d’organiser des concerts au Stadium (Bigflo & Oli, le 24 mai, juste après la fin du championnat 2018-2019). Il avait fallu scalper et faire lever le nouveau gazon (raygrass et pâturin des prés) en huit semaines (le championnat de Ligue 2 ayant repris le 26 juillet pour Rodez). Pari réussi.

Pour la fertilisation du sol, Stéphane Cazabat indique utiliser chaque année entre 580 et 680 unités d’azote (peu ou prou le tiers de ce que consomme le Paris-Saint-Germain), à raison de 180 kg d’engrais (majoritairement solides mais complétés par des engrais liquides) toutes les trois semaines.

Toulouse Métropole a consenti de gros investissements en équipements pour soutenir la croissance et la bonne santé de son couvert végétal du Stadiul. Notamment de la luminothérapie, afin de pallier le manque d’exposition à la lumière naturelle (l’ombre portée des tribunes peut recouvrir jusque 34 m du terrain). Aux lampes bricolées en interne ont succédé 52 lampes SGL, récemment acquises :

 

 

 

 

« La pelouse à l’ombre est presque plus belle que celle exposée au soleil, c’est fabuleux. » - Stéphane Cazabat.

 

Toulouse Métropole s’est montré relativement avant-gardiste puisque Stéphane Cazabat fut l’un des premiers intendants à recourir à des ventilateurs au niveau de la pelouse, hiver comme été. En effet, pas moins de vingt ventilateurs (10 sur chaque longueur du terrain), actionnés jour et nuit en période estivale, permettent d’éliminer l’humidité du couvert végétal, afin de prévenir des attaques de Pyricularia. Mais ces ventilateurs sont également utilisés en hiver, pour éviter le gel du substrat renforcé, qui lui ferait perdre en densité (le gazon du Stadium n’étant pas pourvu d’un système de chauffage). En prime, les équipes de Natural Grass sont venues spécialement réaliser un malaxage du substrat sur 10 cm.

Le Stadium a néanmoins connu une attaque de Pyricularia cet été. Pour autant, Stéphane Cazabat n’utilise pas de traitements phytosanitaires préventifs :

« Je ne fais que du curatif, en traitant localement le foyer d’infection. En revanche, je fais faire des analyses de sol chaque mois. »

Outre le Stadium, les trois autres stades d’entraînement en pelouse naturelle, et les trois terrains en synthétique (9 ha au total), Stéphane Cazabat et ses cinq collaborateurs sont en charge de l’ensemble des espaces verts de la ville de Toulouse. A noter que la municipalité est passé au « zéro phyto » sur ses espaces verts, à l’exception du Stadium et des terrains d’entraînement du TFC. Les investissements de Toulouse Métropole devraient donner lieu à la réalisation de deux terrains d’entraînement avec gazon tufté, à la manière de ce qui a été préconisé au Stade Ernest Wallon.

 

redaction.gsph24atprofieldevents.com (Idir Zebboudj)